Décider montre au poignet en plein brouillard
Quand l’incertitude s’épaissit et que le temps se rétracte, décider devient un sport de combat. Les écoles se confrontent : rationalistes, intuitionnistes, data-believers, partisans de l’agilité tactique. Faut-il modéliser, sentir, déléguer à la machine, ou simplifier au maximum ? Voici un panorama croisé pour garder la main – même en plein brouillard et en plein rush.
Black Swan (2010) et Antifragile: Things That Gain from Disorder (2012) de Nassim Nicholas Taleb
Thinking, Fast and Slow de Daniel Kahneman (2011)
Blink: The Power of Thinking Without Thinking de Malcolm Gladwell (2005);
The Signal and the Noise de Nate Silver (2012)
Willpower: Rediscovering the Greatest Human Strength de Roy Baumeister & John Tierney (2011)
Superforecasting: The Art and Science of Prediction de Philip Tetlock & Dan Gardner (2015)
The Paradox of Choice de Barry Schwartz (2004)
1. Prévoir l’imprévisible… sans s’y noyer
L’incertitude ne serait qu’un défi mathématique à résoudre. Depuis Blaise Pascal et sa fameuse « espérance de gain », les partisans de la décision rationnelle cherchent à dompter l’imprévisibilité grâce aux probabilités. Même si nous ne pouvons pas tout prévoir, notre cerveau étant incapable de traiter toute l’information disponible (Herbert Simon, père du concept de rationalité limitée), nous pouvons au moins tenter d’estimer les risques et prendre des décisions en connaissance de cause. La bonne boussole ? Choisir l’option dont le coût d’erreur est supportable, multiplier les portes réversibles plutôt que les paris à sens unique.
Angle mort : les modèles aident—jusqu’au jour où ils brisent. L’histoire regorge d’exemples où les meilleures analyses probabilistes ont volé en éclats face à l’imprévisible. En 2008, les modèles financiers affirmaient que la crise des subprimes était « quasi impossible » …
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