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Synthèse

Les vertus de la déconnexion

Vous êtes dans le rouge ? Ou non, mais la fatigue et le poids d’une certaine forme de stress professionnel sapent vos ressources mentales et physiques ? Ne vous leurrez pas, même si vous êtes une bête de boulot, la fatigue altère vos qualités et votre performance. D’où l’intérêt de vous ménager des temps de récupération, même si vous pensez devoir toujours répondre présent.

Face à l’intrusion croissante de sollicitations vous avez de plus en plus de mal à vous déconnecter pour offrir du répit à votre cerveau. Gil Gordon, auteur de Turn It Off, observe que c’est particulièrement vrai pour les managers. « Tout le monde agit comme s’il était un neurochirurgien de haut vol se devant d’être disponibles 24h/24 pour éviter la catastrophe. » Vous devez vous montrer déterminés pour lutter contre cette tendance à l’hyper connexion. Et c’est encore plus vrai au moment des congés, car si vous ne parvenez pas à dire stop, vous risquez bien de reprendre le travail aussi tendu et épuisé qu’avant. Gil Gordon prend l’exemple d’un élastique pour illustrer son propos : « À force de tirer dessus encore et encore, il va finir par perdre en résistance, voire par se rompre », explique-t-il. Il en va de même avec les personnes qui ne prennent jamais de vrais congés. « Ce que les gens cherchent à faire en étant au bureau en permanence – prouver leur valeur – devient un vrai danger au fil du temps ». Vous croire, vous comme votre équipe, trop essentiel pour décrocher traduit en réalité un manque de résilience collective.

Le message que vous envoyez à votre boss (en refusant de vous déconnecter)

En étant en permanence en contact avec le boulot, même lors de vos congés, vous avez le sentiment de passer pour un vrai pro, d’être extrêmement engagé (et c’est peut-être le cas). Vous devriez pourtant tenir compte des autres signaux, involontaires, que cette incapacité à couper envoie à votre environnement, dont votre boss:

  1. Vous ne savez pas gérer votre équipe. Un bon manager sait organiser les choses pour que tout soit fait même en son absence. Si vous pensez être indispensable au point que tout s’effondrerait si vous n’êtes pas là, vous êtes un frein pour votre équipe. Personne ne pense de toutes les façons que vous êtes indispensable, mais en revanche, certains vont penser que vous êtes le problème.
  2. Vous n’avez pas su recruter ou développer les talents nécessaires. Si les membres de vos équipes ont besoin d’une supervision constante de votre part pour tenir leurs objectifs, c’est que vous les avez mal choisis ou mal formés. Et si vous n’avez personne pour prendre votre relais lorsque vous êtes en congés, vous ne serez pas remercié pour votre assiduité et il vous sera surtout demandé pourquoi vous avez à le faire.
  3. Vous voulez trop contrôler les choses.Vous devez donner à vos équipes les moyens d’être autonomes ; les laisser prendre leurs missions en main n’est pas un signe de faiblesse et ne remet en aucun cas votre performance en cause. Mais si vous vous mettez en travers du chemin de vos collaborateurs en refusant de lâcher prise pendant vos congés, vous serez probablement perçu comme un obstacle au sein d’une équipe qui fonctionne bien.

Le message que vous envoyez à vos équipes (en refusant de vous déconnecter)

De même, si vous refusez de passer les rênes à vos collaborateurs lorsque vous partez en congés, vous leur envoyez inconsciemment un certain nombre de messages négatifs :

  1. Vous ne leur faites pas confiance.Si vous supervisez la moindre de leur tâche, les membres de votre équipe n’ont pas le sentiment que vous les aidez. Ils ont au contraire l’impression que vous ne leur faites pas confiance.

 

Extrait de Business Digest N°298, juillet-août 2019

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Françoise Tollet
Publié par Françoise Tollet
Elle a passé 12 ans dans l’industrie entre autres chez Bolloré Technologies. Elle dirige Business Digest depuis 1998, société qu’elle a cofondée en 1992 et dont elle a décidé du big move vers Internet dès 1996… avant même d’en rejoindre l’équipe.