Pourquoi est-il si difficile de changer ?
Difficile de changer : en dépit de votre volonté et de vos efforts, vos neurones tendent à vous faire retomber toujours dans les mêmes ornières. Ce n’est pourtant pas une fatalité. Découvrez comment « reprogrammer » votre cerveau pour passer vraiment à autre chose. Durablement.

Why the fuck can’t I change
de Gabija Toleikyte, (Thread, 2021).
Changer est un processus coûteux, souvent voué à l’échec. Malgré vos efforts sincères pour devenir, au choix, moins émotif, moins stressé, plus efficace, ou meilleur communicant, vous n’arrivez pas à changer : vous répétez en fait constamment les mêmes erreurs.
Pourquoi diable n’arrivez-vous pas à changer ? Manque de volonté ? Non. Vous vous heurtez en fait à des mécanismes cérébraux puissants, héritage de réflexes de survie ancestraux mais totalement inadaptés à l’environnement actuel, selon Gabija Toleikyte, professeure en neurosciences et coach comportementaliste. Réflexes de survie qu’il est possible de stopper si vous plongez au cœur de la formation de vos habitudes et réactions, pour couper court au cercle vicieux de la répétition. En comprenant leurs mécanismes vous aurez les clefs pour contrer leurs effets. Changer est certes ardu, la démarche exige temps, discipline et patience, mais grâce aux avancées des neurosciences c’est possible.
Les 5 étapes du changement
- Réduisez votre charge mentale : n’enclenchez un processus de changement que si votre cerveau est réellement disponible.
- Renforcez votre motivation : activez les circuits neuronaux de la récompense en listant les bénéfices attendus du changement.
- Compensez : remplacez chaque habitude supprimée par une habitude positive répondant au même besoin primaire pour éviter de retomber dans l’ornière.
- Relaxez-vous : toute nouveauté génère de l’anxiété. Veillez à « calmer le jeu » en vous détendant régulièrement pour rassurer votre amygdale quand elle s’emballe.
- Créez de la répétition pour ancrer votre nouvelle habitude dans la durée. Changer est un jeu de patience !
Blocage #1 : la marche est trop haute ?
Votre cerveau se décompose en trois parties : reptilien (contrôleur des fonctions végétatives), paléo-mammifère (responsable des émotions, des automatismes de survie) et humain (siège de la pensée rationnelle, des prises de décisions volontaires).
Surtout, ne cherchez pas à changer brutalement : ce serait contre-productif. Même nocives, vos mauvaises habitudes remplissent un besoin physiologique ou psychologique primordial (survie, sécurité, affiliation, recherche de sens) que votre cerveau paléo-mammifère n’accepte pas de lâcher facilement. Si vous ne remplacez pas l’habitude à éradiquer par une habitude positive « compensatrice », il déclenchera automatiquement des émotions qui saboteront vos tentatives de changement. Exemple : Troquez votre café sucré de 11h par une pomme, mais ne renoncez pas à toute pause plaisir, sinon vous doublerez votre dose de caféine à midi !
Ménagez aussi votre cortex préfrontal : siège des fonctions cognitives supérieures, il est le moteur des actions volontaires, mais aussi la partie du cerveau qui s’épuise le plus vite. D’où l’importance d’initier les changements quand il est frais et dispos : le matin, après une pause, des vacances, etc.
Solution #1 Pratiquez la politique des petits pas
La création des circuits neuronaux associés aux nouvelles habitudes demande de l’énergie, du temps et de la répétition. Soyez patient, initiez les changements un par un, sécurisez votre cerveau paléo-mammifère en évitant de le surcharger d’impératifs ambitieux. Accompagner vos efforts de récompenses qui enverront à votre cortex préfrontal un afflux de dopamine pour tenir dans la durée.
- « Growth mindset » et « Fixed mindset », concepts développés par Carol Dweck, professeur de psychologie sociale à Stanford ↩︎
© Copyright Business Digest - Tout droit réservé