Le côté obscur des amitiés au boulot

C’est chouette de développer des amitiés au boulot. Cela répond à l’impératif managérial de convivialité et donne une bonne raison de se lever le matin. Mais elles peuvent être de vrais poisons en créant une complexité et une toxicité inattendues...

L’impact de l’amitié sur le travail serait-il tabou ? Nancy Rothbard et Julianna Pillemer se sont penchées sur ce sujet si peu étudié et ont découvert que les caractéristiques de l’amitié et celles de l’organisation ne se juxtaposaient pas vraiment. La première a une dimension informelle, une nature volontaire et des normes basées sur le besoin… tout le contraire des caractéristiques de l’organisation. Les deux entrent donc très facilement en conflit. Des relations peuvent rendre difficile, voire biaiser, une résolution de conflit, un changement de job, voire une délibération saine et une prise de décision difficile. Sans parler du sentiment d’ostracisme que peuvent ressentir ceux qui ne sont pas dans votre cercle… Enfin, les réseaux sociaux, s’ils ouvrent une fenêtre sur une certaine forme d’intimité et d’amitié, ont plutôt pour effet d’amplifier leur côté obscur.
Que faire pour éviter que ce côté toxique ne se révèle alors que la convivialité est de mise dans votre équipe ? En être conscient et mettre en place processus et structures pour que ces liens informels ne viennent pas biaiser résolution de conflit ou prise de décision, pour que des silos ne se créent pas et que tout ostracisme soit évité. Sensibiliser chaque membre de votre équipe à ces côtés sombres : eux-mêmes doivent mettre en place des processus pour qu’amitié et performance au travail ne soient pas antagonistes. Lapalissade ? Pas tant que ça. Tout le monde sait, peu y font attention, chacun s’y laisse prendre au moins une fois.

Pour en savoir plus : « Managing the Dark Side of Workplace Friendships », Podcast et article de Nancy Rothbard et Julianna Pillemer, (Knowledge@Wharton, avril 2018)