Pourquoi discuter avec ces @&#*$?
En 2016, auriez-vous accepté d’animer un groupe Facebook ayant pour objectif de faire dialoguer ensemble 25 partisans de Trump de l’état de l’Alabama et 25 partisans d’Hilary Clinton de Californie ? Vous y auriez réfléchi à deux fois !
Cette expérience improbable s’est pourtant avérée positive, grâce à ce protocole. Les journalistes à l’origine de cette initiative ont souhaité tester un modèle de « journalisme du dialogue ». Ils ont commencé par demander à chacun des groupes d’exprimer comment ils pensent être perçus par leurs « opposants » : l’exercice a fait ressortir les clichés les plus caricaturaux et a aidé chacun à prendre conscience de leur caractère réducteur et simpliste.
Cette « purge » a été utilisée à chaque lancement de conversation et elle a permis de faciliter ensuite les débats, sans éviter des sujets plutôt clivants comme les armes à feu, l’enseignement ou l’immigration.
Les journalistes modérateurs ont constaté qu’un vrai dialogue était possible au sein de ce groupe. Si les premières réactions étaient souvent négatives, inciter chacun à se présenter et à parler de son contexte a aidé à dépasser ces frictions. Chacun a, petit à petit, fait preuve de curiosité et d’empathie. Certains sont devenus amis dans la « vraie vie » et plusieurs ont continué à dialoguer dans leurs propres groupes.
“How to lead a conversation between people who disagree”
de Eve Pearlman (TED Salon Doha Debates, janvier 2019).
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