Si l’accélération est le problème, alors la résonance peut être la solution

En lien avec les sujets déjà bien rabâchés d’engagement/désengagement, de motivation, burn-out, bore-out même brown-out Hartmut Rosa, l’un des sociologues les plus en vue en Allemagne vient de signer un nouveau livre, que je recommande sans réserve : résonance

En deux mots, Hartmut Rosa brosse l’impact de l’accélération du monde sur le travail, et comment le flux (de trop de choses) trop rapide fait sombrer dans l’absurde. Les gens deviennent « étrangers » au sens même de leur travail, perdant de vue le fruit de leur action. Ils deviennent aussi « étrangers » aux autres en raison de relations devenues superficielles et « étrangers » au monde, ayant trop perdu la notion du temps présent pour le ressentir.

Ce que Rosa propose ? Le concept de résonance : retrouver le temps de l’accomplissement, du temps avec soi-même, de solitude, de relâche mentale pour se reconnecter au véritable questionnement sur le sens donné à son action. Du temps de résonance avec les autres, mais de qualité avec des personnes toutes attentives et disponibles. Du temps de contemplation, de résonance avec le monde, l’environnement, la matière.

Les apports récents des neurosciences confirment le besoin pour le cerveau de temps de pauses, de relâche mentale, de reconnexion. Et pour gagner en engagement et coopération, la promotion de la simple « déconnexion » ne suffit pas : l’entreprise doit mettre en place le cadre qui permet ces temps de « reconnexion » à soi, à l’impact de son travail et aux autres.

Pour aller plus loin :
– Le livre Resonanz: Eine Soziologie der Weltbeziehungde Hartmut Rosa, (Suhrkamp Verlag,2016). (En cours de traduction en anglais.)
– « Plus on économise le temps, plus on a la sensation d’en manquer » de Rosa ( Monde 1er Avril 2016)