Co : quand « on » a tendance à tout mélanger !

Dans notre inconscient, décision collective est devenue synonyme d’engagement collectif. Or ce raccourci est une dangereuse fi ction, amalgamant tout le monde avec personne. D’abord parce que, au nom du collectif, « On » est devenu bien plus fort que vous.

Mais qui est « On » dans « On décide » ? Tout le monde, donc personne, « On » est le manager quand la décision est la bonne ; dans le cas contraire, c’est les autres. De fait, l’usage du « On » autorise une fuite de responsabilité sous couvert de management participatif, ou d’engagement de son équipe…. Avez-vous déjà demandé à votre équipe si elle veut participer à la décision ? Bien souvent, la décision est imposée, mais aussi acceptée car votre équipe fait le calcul exactement inverse du vôtre : « On » ce sera nous si la décision est bonne et ce sera vous si la décision est mauvaise car vous serez seul tenu responsable de la décision.

Sans co-construction, la décision pourrait n’avoir de sens que pour vous-même, en fonction de votre perception, de votre expertise. Imaginez juste imposer une décision certes ambitieuse mais jugée irréaliste… que récolteriez-vous en l’imposant ? Un déficit de confiance. Seule une décision co-construite est facteur de partage de sens et de confiance, donc d’engagement. Malheureusement, le décideur se cache derrière un « On » bien opportun : or une organisation où il est difficile d’identifier le décideur est dysfonctionnelle. Le flou organisationnel est une stratégie des décideurs pour se protéger en cas de problème mais aucune organisation ne peut se développer durablement quand l’irresponsabilité est un culte, avec comme slogan « On décide ».

La création de valeur managériale n’est pas dans la co-décision, mais dans la co-construction qui précède la décision. Le chef décide seul, mais éclairé par l’intelligence collective.

Pour en savoir plus : « Décision collective = engagement collectif ? » d’Olivier Zara (blog.axiopole.info, septembre 2018