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Fiche pratique

Développez la culture du risque dans vos équipes

Point commun entre les entreprises les plus innovantes au monde* ? Leur capacité d’innovation repose sur de petites adaptations permanentes de leurs produits, services, processus ou modèles d’affaires. Une approche de l’innovation qui suppose d’avoir développé une culture favorisant la prise de risque et valorisant l’échec.

1. Développez le sentiment de sécurité dans vos équipes

Si l’environnement est favorable, vos équipes n’ont pas peur d’échouer et donc d’expérimenter. Seule condition : que la prise de risque s’exerce dans un cadre bien défini. 

Créez un climat de confiance

Impossible d’inviter ses équipes à la prise d’initiatives si le climat général est à la défiance.

• Soyez clair : les collaborateurs se sentent peu engagés s’ils ne savent pas ce que vous attendez d’eux. Impossible alors de faire preuve d’initiative. En leur donnant des objectifs clairs et concrets, vos équipes comprennent leur rôle et n’hésitent pas à prendre des risques pour les atteindre.

• Soyez constant : Rien de pire qu’un manager qui donne l’impression de changer d’avis en fonction des situations (tel risque est acceptable dans une situation, sanctionné dans une autre, etc.). la constance incite à expérimenter de nouvelles choses.

• Valorisez le risque, y compris en cas d’échec : les récompenses (intéressement financier, nouvelles responsabilités, etc.) ne doivent pas être fondées uniquement sur le résultat d’une initiative, mais également sur les risques pris pour l’atteindre.

Fixez un cadre à la prise de risque

Contrairement à une idée reçue, l’absence de règle inhibe plus qu’elle ne stimule la prise de risque. Prenez le temps de poser un cadre aux initiatives individuelles et de bien définir ce que vous attendez de vos collaborateurs pour que la prise de risque s’exerce dans un environnement rassurant.

• Fixez des objectifs clairs : expliquez à vos collaborateurs que vous recherchez de nouvelles idées de produits, que vous souhaitez améliorer certains processus (relation client, qualité, etc.). En définissant des objectifs, vous réduisez le champ des possibles mais faites en sorte que les initiatives se concentrent dans la bonne direction.

• Définissez les règles du jeu : qu’est-ce qu’un risque acceptable ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles vous souhaitez que personne ne transige ? Voulez-vous que certaines étapes précises soient respectées avant toute initiative (analyse du risque, discussion collective…).

• Posez des limites : par exemple, vos collaborateurs sont encouragés à faire preuve d’initiatives, mais doivent vous prévenir s’ils rencontrent un problème. L’objectif est d’éviter que le petit échec se transforme en catastrophe.

2. Créez les conditions propices à l’initiative individuelle

Pour développer la prise d’initiatives, vous responsabilisez vos équipes et donnez-leur une vraie liberté d’action.

Responsabilisez vos équipes

Prendre le risque d’échouer requiert un fort sentiment d’appartenance au collectif et un certain niveau de responsabilisation.

• Partagez votre vision : vos collaborateurs ont-ils une image claire de la direction dans laquelle vous les conduisez ? Chacun sait-il de quelle manière il contribue à cette vision ?

• Facilitez l’accès aux ressources : passer de l’idée à l’initiative nécessite des investissements (énergie, temps, budget). En donnant accès à ces ressources, vous rendez vos équipes autonomes et vous les invitez à aller au bout de leurs idées.

• Valorisez l’expérimentation : donnez à vos collaborateurs l’opportunité d’expérimenter sans qu’ils aient besoin de vous rendre des compte en permanence.

• Reconnaissez le droit à l’erreur : rappelez régulièrement que le droit à l’échec est une valeur clé de votre entreprise. Si possible, sollicitez le soutien de la direction (communication du CEO, partage de success stories nées d’un échec, etc.) pour montrer que le risque fait partie intégrante de l’ADN de l’entreprise.

Promouvez la collaboration, vous y compris

Offrir à vos collaborateurs la possibilité de faire preuve d’initiative ne sert à rien si un processus de décision centralisé vient étouffer toute nouvelle idée.

• Reconnaissez les talents : chaque collaborateur doit avoir une vision claire de ses compétences et connaissances pour être en mesure d’affirmer ses convictions, d’expérimenter de nouvelles choses même si cela nécessite d’entrer en conflit.

• Lâchez la bride : les bonnes idées naissent souvent sur le terrain, au plus près des clients, laissez une vraie liberté de décision à vos équipes pour leur montrer que les initiatives individuelles font partie de leurs responsabilités.

• Brisez les silos : encouragez à travailler ensemble les individus ayant des compétences diverses et donnez-leur une forte autonomie. L’approche transdisciplinaire stimule la créativité, facilite l’accès aux ressources et donc la prise d’initiative.

3. Mettez en place des processus d’experimentation

Pour favoriser l’expérimentation, envoyez un signal clair à vos équipes et accompagnez-les dans la durée.

Donnez l’autorisation d’échouer

Même si le cadre semble propice aux initiatives individuelles, sans un signal clair de la part du manager, la prise de risque reste un vœu pieux.

• Rassurez : la prise d’initiative n’est souvent envisagée par vos collaborateurs que lorsqu’ils se sentent suffisamment compétents à leur poste… ce qui n’arrive jamais au vue des changements de mission incessants. Précisez que prendre des risques suggère justement une maîtrise imparfaite de son activité.

• Restez en support : encourager l’initiative individuelle ne signifie pas que vous devez vous effacer totalement. En montrant que vous restez à disposition de vos collaborateurs s’ils en ont besoin (notamment pour les aider à évaluer le danger), vous les aidez à se lancer.  

• Créez une étincelle : un défi, un concours ou une boîte à idées peuvent aider à impulser la prise d’initiative. L’objectif est alors de signifier à tout le monde que pour résoudre tel problème, améliorer tel processus, vous avez besoin que chacun propose ses solutions, même si elles sont saugrenues ou risquées. 

Accompagnez dans la durée

Encouragez une approche de la gestion de projet basée sur l’apprentissage par l’erreur et non plus sur la planification.

• Valorisez de nouvelles compétences : arrêtez de demander à vos équipes de vous fournir le plan d’affaires détaillé de leur projet ! Encouragez-les au contraire à développer leur capacité à s’adapter au fur et à mesure des échecs qu’ils rencontrent.

• Fournissez des méthodes d’aide à l’expérimentation et proposez à vos collaborateurs de s’y former : se préparer à l’imprévisible exige de manier avec dextérité l’apprentissage itératif (récolter le maximum d’information, y compris en échouant, pour ajuster en permanence ses pratiques) et la sélection (conduire parallèlement plusieurs projets et abandonner les moins pertinents à mesure que l’incertitude se lève).

• Récompensez les risques en restant impartial : vous ne pouvez pas récompenser un collaborateur qui aura pris un certain type de risque dont le résultat se sera avéré positif, puis sanctionner un collaborateur ayant pris un risque analogue, mais qui aura eu des conséquences négatives.

• Favorisez les retours d’expérience : compilez les échecs et les réussites pour être en mesure d’en tirer des leçons. Mettez en place des sessions d’analyse collective des erreurs pour que les enseignements soient collectifs.

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Clémence Thiry
Publié par Clémence Thiry
Clémence est Responsable Digital. Elle est en charge de notre stratégie digitale, de l’animation de notre blog et de notre newsletter. Elle accompagne également nos projets clients sur l’animation de communautés digitales de managers.