Le lundi au soleil

Pourquoi nous n’aimons pas le lundi ? Parce qu’il faut retourner au turbin ? Parce que nous cédons notre temps libre à quelque chose qui nous est une contrainte ? Ou parce que nous n’aimons pas ce que nous sommes du lundi au vendredi ?

Le lundi nous ouvre – pour la plupart d’entre nous – sur un moment qui nous stresse, sur un travail que nous n’avons pas forcément voulu, ou dont nous ne voulons pas des contraintes… En cela, qui n’a pas connu la détresse de certains dimanches soirs ? Et notre impression c’est cette privation de liberté pendant cette période. Car nous avons besoin d’un espace pour une action créative et utile, pour une action qui nous définirait tels que nous sommes vraiment et qui nous semble impossible tant les exigences et attentes du travail nous oppressent. Alors reconnaissons au lundi le mérite de nous poser la question : quand suis-je vraiment libre ? Le week-end bien sûr !

Bien sûr ? Mais nous sommes tellement habitués à être et à faire ce qu’ « on » attend de nous que je mets ce « bien sûr » en doute. Le week-end, pour fuir la contrainte du travail, nous nous engloutissons dans celle des plaisirs. Du vélo à Netflix, du dernier Marvel à ma séance de Pilates entre copines, du brunch entre potes au diner avec belle-maman, nous remplissons nos week-ends de tant d’activités que… nous pourrions presque en oublier à quel point nos vies peuvent devenir contrôlées.

Pourquoi alors des forums sur « les jeunes en quête de sens », ou des livres comme Social Calling d’Émilie Vidaud ? Parce que ce n’est pas le lundi, que nous détestons, mais cette sensation de ne plus être maître de soi, de ne plus être présents dans nos propres vies. Reconnaissons au lundi de nous faire nous poser cette question, certaines semaines du moins.

En savoir plus : « You Don’t Hate Mondays, You Hate Not Being Yourself” de Drake Caeneus, (Medium, août 2018)