Décider (le mieux possible) en situation complexe Premium

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IA et Big Data ne sont pas encore prêts à résoudre les problèmes complexes à votre place. Or l’exercice est périlleux – même pour un décideur aguerri – mais pourtant indispensable, exigeant une démarche raisonnée, structurée et sur-mesure…en procédant étape par étape, de l’identification du problème à la communication de sa solution.

Votre capacité à allier rigueur, méthode et créativité pour résoudre des problèmes complexes est l’un des talents les plus prisés. Or elle exige discipline et recul, et n’a rien de naturelle. Par manque de temps, de moyens ou à cause d’une pression trop forte, de nombreuses décisions clés sont prises dans l’urgence, basées sur l’instinct plus que sur la réflexion. Vos biais cognitifs vous font ignorer les preuves contradictoires et vous avez de bonnes chances de partir dans le décor.

A contrario, prendre le temps d’analyser un problème peut aussi paralyser l’action, ce qui est tout autant dommageable que la précipitation. Et les solutions « clés en main » des experts ne sont pas la panacée : elles sont souvent trop formatées. S’appuyant sur la recherche en psychologie cognitive et sur les dernières avancées en matière de design thinking, les auteurs de Cracked it proposent une méthode dite des 4S pour passer d’une approche intuitive, informelle et/ou mécanique de résolution des problèmes à une approche raisonnée, structurée et sur mesure. Pour, au final, prendre une décision éclairée. Encore faut-il remettre en question des biais, postures et habitudes qui pourraient venir altérer cette bonne résolution de rigueur !

Ayez conscience des écueils (restez humble)

Vous préférez vous fier à votre intuition et à votre expérience pour « flairer » la bonne solution ? Restez prudent : même les plus clairvoyants se fourvoient régulièrement face à une situation complexe. Car nous sommes tous soumis aux mêmes biais cognitifs, qui font le lit des décisions irrationnelles. Parmi les plus répandus listés par les auteurs de Cracked it :

1- Mal définir le problème : se tromper de sujet.

Entre 2000 et 2010 les labels musicaux ont perdu les deux tiers de leurs revenus. En cause ? Leur aveuglement concernant le téléchargement en ligne, considéré comme un acte de piratage illégal à combattre – et non comme une pratique disruptive, amenée à changer radicalement la donne. Or le problème n’était pas de trouver des moyens pour endiguer le téléchargement, mais d’imaginer des solutions pour en tirer profit.

2- Céder au biais de confirmation : considérer uniquement les informations validant son parti pris.

En 2005, Franck Riboud, PDG de Danone et Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank, décident de lancer conjointement le Shoktidoi, un yaourt destiné à lutter contre la malnutrition infantile au Bangladesh. Nul n’a questionné la pertinence de cette solution retenue d’emblée, car elle combinait l’ADN des deux entités et était portée par ses PDG. Les désavantages du produit étaient pourtant patents dès le départ : problème de conservation, de coût, de positionnement, de commercialisation. Résultat : le Shoktidoi n’a jamais atteint ses objectifs de vente.

3- S’enfermer dans un cadre de référence inadapté : copier-coller artificiellement une solution importée.