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Fiche pratique

Prise de risque : trouver le bon dosage

Prendre trop de risques est dangereux pour vous ou pour votre organisation. Mais n’en prendre aucun est tout aussi létal. Découvrez comment trouver le bon équilibre.

D’après

You are what you risk  
Michele Wucker (Pegasus Books, avril 2021). 

1. Créez un contexte propice aux décisions raisonnées 

Forgez-vous dans des conditions de vie et de travail qui envoient des messages positifs à votre cerveau : 

  • Aménagez-vous un environnement quotidien dans lequel vous vous sentez vraiment bien. Réfléchissez à tous les détails : éclairage, luminosité, couleurs, musique, température… Ce n’est pas un luxe – c’est vital ! 
  • Faites en sorte d’avoir suffisamment de temps pour récupérer, vous reposer et manger. Reportez toute décision clef si vous manquez de sommeil ou avez l’estomac vide. 
  • Gérez votre « portefeuille de risque » global. Déterminez quelles sont les « bases arrière de sécurité » de votre vie (couple, famille, amitié, loisirs ou autres) : elles vous donnent la liberté de prendre plus de risques par ailleurs. Évitez de prendre des risques sur tous les fronts à la fois. 
  • Entourez-vous d’un groupe de pairs franc et soutenant, capable de vous donner un feedback honnête lorsque vous avez du mal à évaluer une situation et ses conséquences. Acceptez qu’ils vous disent ce que vous n’avez pas forcément envie d’entendre… 

2. Surveillez votre niveau de stress 

Le stress est l’ennemi numéro un de la prise de risque raisonnée et positive : il peut provoquer emballements inconsidérés ou blocages irraisonnés.  

  • Les situations qui déclenchent le stress varient selon les individus : sachez repérez vos points faibles personnels. Dans quelles situations précises avez-vous l’impression de perdre le contrôle ? 
  • contrario, identifiez les facteurs qui renforcent votre sentiment de maîtrise des événements pour pouvoir les activer rapidement quand nécessaire : faire le point oralement avec un proche, coucher par écrit une problématique, sortir prendre l’air… 
  • Soyez attentif à votre niveau de stress global, même lorsque vous n’êtes pas dans le « pic » d’une situation tendue : 

– Gardez une trace de vos sensations physiques et mentales chaque matin (notez plus particulièrement votre ressenti après une réussite ou un échec). Si vous aimez les nouvelles technologies, vous pouvez vous appuyez sur les données « forme » qu’elle fournit. 

– De nombreuses solutions existent pour réguler le stress : méditer, pratiquer des exercices de respiration, des activités sportives, etc. peut abaisser votre rythme cardiaque et votre pression sanguine dans la durée.  

3. Renforcez votre « muscle du risque » 

Vous pouvez vous acclimater et vous entrainer à la prise de risque en vous y exposant graduellement, de manière répétée : 

  • Faites régulièrement des choses qui vous sortent de votre zone de confort : défendre un point de vue divergent dans une réunion sensible, accepter de prendre en charge des dossiers complexes, réaliser un investissement financier risqué à petite échelle, etc. 
  • Anticipez ce qui vous pose problème pour automatiser vos réponses et persévérer face à l’obstacle. 
  • Vous vous créerez ainsi de nouvelles routines et développerez au fil du temps votre courbe d’expérience et votre sang-froid face aux situations inconfortable – les traders expérimentés réagissent beaucoup plus calmement aux événements que les traders novices qui vivent sur des montagnes russes émotionnelles.  

4. Travaillez votre empathie risque 

Les individus n’ont pas tous la même appétence au risque. N’en faites pas un sujet d’affrontement : au contraire, utilisez cette complémentarité. Les organisations qui réussissent le mieux ont des équipes dont les membres font preuve d’une grande empathie risque. 

  • Identifiez la tolérance au risque de vos proches / de vos collaborateurs. C’est tout aussi (sinon plus) important que de connaître leurs motivations ou sujets de prédilection. 
  • Prenez le temps de comprendre les raisons personnelles de chacun (à défaut d’y adhérer) afin de : 
  • Traverser constructivement les désaccords, 
  • Se montrer patient si vos interlocuteurs sont moins à l’aise avec le risque que vous et les coacher efficacement, les stimuler, voire les rassurer, 
  • Mieux comprendre leur impatience si vous avez un tempérament plus prudent que le leur. 
  • Assurez la cohésion au sein de votre équipe afin d’y réduire le risque interpersonnel… et pouvoir prendre plus de risques à l’extérieur. 
  • Entourez-vous de collaborateurs qui ont des profils complémentaires aux vôtres pour équilibrer la prise de risque. Une équipe de « clones » peut mener à des attitudes extrêmes : immobilisme ou inconscience.  

5. Encouragez une saine culture du risque 

Pour favoriser un bon dosage collectif du risque, posez d’emblée quelques règles claires : 

  • Définissez la culture de risque de votre équipe et / ou de votre organisation :  
    -Quel niveau de risque est acceptable, 
    -Quelles attitudes face au risque sont valorisées – ou déconseillées, 
    -Quelles structures et processus évaluent et gèrent les risques. 
  • Communiquez très régulièrement sur les risques que votre organisation peut se permettre et les limites à ne pas dépasser (entre une start-up, une PME et une grande entreprise, les enjeux ne sont pas les mêmes, ils varient aussi selon les secteurs d’activité). 
  • Cultivez la mission de votre organisation et placez-la au centre de toutes vos décisions : les risques qui la renforcent méritent d’être pris. 

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Marianne Gerard
Publié par Marianne Gerard
Diplômée d’HEC (1998), Marianne est journaliste free-lance spécialisée dans le management et l’enseignement supérieur. Passionnée par la dimension humaine, elle suit aussi une formation en psychologie à l’université Rennes 2.