Le lien social, ce polymorphe !

Les craintes de perte de lien social ou de désagrégation de la société, apparues dès la Révolution Française avec l’importance donnée à l’individu, renaissent plus que jamais avec la distanciation physique : nous avons le sentiment d’être coincés entre une solitude subie ou une sur-sollicitation par les réseaux sociaux.

Les sociologues se veulent rassurants : le lien social est lui aussi résilient et sait prendre de nouvelles formes. Au-delà des cadres imposés comme la famille, l’entreprise ou l’école, chacun d’entre nous sait se créer des groupes affinitaires et évoluer entre ces différents groupes. Le confinement, qui a mis à mal le lien social, a montré que nous sommes en grande partie parvenus à sortir de cette opposition entre solitude et sur-sollicitation :

– Pour certains, la solitude subie s’est transformée en une opportunité de prendre du recul et de nourrir à nouveau le besoin de lien social. Ils ont retrouvé le goût des interactions quand des sollicitations excessives des réseaux sociaux l’avaient affadi et banalisé.

– Les réseaux sociaux ont vu leur usage augmenter tant en quantité qu’en qualité. Sur les sites de rencontres, les participants ont plébiscité les appels vidéo : ils y ont consacré plus de temps et se sont appelés plus souvent !

Et vous, qu’en est-il de vos interactions ? Avez-vous pu trouver une forme d’équilibre entre solitude et interactions ?

Pour aller plus loin : « Le vide et l’excès : quel lien social pour le XXIième siècle », (ADN, juin 2020)