Penser positif, pari gagnant Premium

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Vous avez été témoins d’élans d’optimisme et de solidarité au cours des dernières semaines ? Malgré cynisme, catastrophisme ou égoisme souvent de mise, des irréductibles font montre d’un optimisme résistant à toute épreuve, malgré le côté anxiogène de la période que nous traversons. Ils ont bien compris que leur positivité est un gage de performance mais aussi de bien-être pour eux et leurs équipes. Pourquoi la pensée positive est-elle une valeur sûre ? Et comment en développer l’envie et la pratique dans ses équipes ?

Début 2010, l’artiste française Elvire Bonduelle a sélectionné et découpé des articles « positifs » parus dans le quotidien Le Monde. Objectif : recréer un numéro appelé Le meilleur Monde qui devait être uniquement composé de bonnes nouvelles. Plus de trois mois furent nécessaires pour reconstituer un journal entier (16 pages) ; soit à peine 1 % d’articles publiés étaient considférés comme positifs !! Et 10 ans après, vous n’estimez pas être épargné en pleine crise Covid-19 par une véritable sinistrose ambiante. Paradoxalement, et d’une façon générale, les turbulences de moins en moins prévisibles appellent une autre attitude que le repli sur soi ou la négativité : persévérance, prise d’initiatives et créativité sont de fait les qualités indiscutables exigées, trois valeurs profondément liées à votre capacité à rompre avec le cynisme et la peur. Et contrairement aux idées reçues, l’optimisme n’est pas un trait de personnalité inné, mais un état d’esprit qui se façonne, s’entretient et s’exploite au quotidien.

Développer votre optimisme, c’est vous donner la chance
de croire en vos chances

Les optimistes ne sont pas chanceux par nature, ils sont tout simplement beaucoup plus réceptifs aux opportunités qui se présentent. Ce qui exige d’être prêt non seulement émotionnellement (pensées positives), mais aussi intellectuellement : vous devez avoir fixé un cap précis à vos ambitions pour percevoir comment les événements du quotidien (rencontres, événements…) peuvent vous permettre d’atteindre cet objectif. Car l’occasion favorable naît de l’attention portée au potentiel des situations rencontrées. Cette ouverture repose en grande partie sur la capacité à bâtir des réseaux et donc à adopter un état d’esprit de confiance dans l’autre qui met l’enrichissement mutuel au cœur de toute relation. Pour pouvoir saisir de nouvelles opportunités, vous devez être vous-même une opportunité pour les autres.

C’est aussi lutter contre vos tendances pessimistes

Il est de bon ton de faire le choix de la critique, du sarcasme et du pessimisme ; cela vous « autorise » à vous préparer ainsi au pire pour éviter toute désillusion, et ne pas passer pour un dangereux naïf ! Il est pourtant possible de renverser cet état d’esprit. Tony Schwartz, CEO de The Energy Project en atteste : « J’ai toujours été quelqu’un qui voyait le verre à moitié vide. Selon moi, le pessimisme était simplement du réalisme. Je pensais que c’était dans mon tempérament – un trait de personnalité inéluctable. Le fait de me faire du souci était une manière de rester en alerte par rapport à tout ce qui pouvait mal tourner. » Il a cependant pris conscience des opportunités qu’il pouvait manquer en raison de cette perception négative du monde, qui avait tendance à le paralyser. Pour changer d’état d’esprit, il décida de mettre en place un rituel simple consistant à envisager systématiquement une issue heureuse plutôt que catastrophique face à un problème. Quand il a perdu son emploi au début des années 2000, sa première question fut « OK, quelle est l’histoire la plus optimiste que je peux me raconter maintenant ? » Résultat : il a créé son propre cabinet de conseil en motivation et considère aujourd’hui que la perte de son job il y a dix ans est la meilleure chose qui lui soit arrivée.

Diffusez l’optimisme dans vos équipes
en vous focalisant sur les points forts …

Comment mettre en place une culture de l’optimisme ? Vous êtes un modèle, en faisant le pari de l’optimisme pour adopter des comportements qui, au quotidien, influenceront positivement vos équipes. Vous devez percevoir chacun comme un réservoir de ressources positives avec : • Des points forts : compétences à exercer et à cultiver • Des points d’effort : compétences à acquérir ou à développer Ne vous attardez pas sur les points faibles, essayez de les neutraliser avec un développement extrême d’autres points forts. Vous augmentez ainsi l’estime personnelle de chacun et in fine son propre optimisme face à des situations difficiles.

… En privilégiant les solutions partielles et en accordant
le droit à l’erreur

Tandis que le pessimiste s’interroge sur le pourquoi du problème, cherche des justifications et des coupables, l’optimiste préfère envisager immédiatement les alternatives quand une difficulté se présente. Il privilégie ainsi le contournement de l’obstacle plutôt que de perdre de l’énergie à vouloir le franchir. Par ailleurs, il ne cherche pas de solutions idéales, mais simplement des solutions efficaces à un moment précis, face à un événement précis. « L’optimiste crée les conditions psychologiques et relationnelles à la persévérance. » Il autorise ses collaborateurs à innover, à remettre en question le statu quo… et donc à faire des erreurs. Seule contrainte : avoir des pistes alternatives si les choses tournent mal, et donner par avance le droit de se tromper à nouveau à ses collaborateurs.

Pensez bien à célébrer les victoires d’étape

L’optimiste, tout en gardant un œil sur les objectifs à atteindre, prend toujours le temps de célébrer les victoires d’étape : obstacle franchi, effort qui a payé, nouveau client décroché… Ces rituels collectifs sont un excellent moyen de développer l’optimisme de vos équipes en leur montrant que les succès sont liés à leur action propre. Signe fort : il n’y a donc aucune raison qu’ils ne se reproduisent pas.
« Les managers optimistes sont stupides, naïfs ou inconscients ! » Shawn Achor, fondateur du cabinet Good Think qui a notamment enseigné la psychologie positive à Harvard, a observé que cette croyance était largement répandue dans de nombreuses entreprises du Fortune 500. « En réalité, les émotions négatives proviennent de la partie la plus primitive du cerveau, celle qui doit répondre à la peur et aux menaces. Voir les choses en noir est facile ; formuler une stratégie cognitive pour répondre de manière positive aux défis requiert un fonctionnement cérébral nettement plus complexe. » Mais payant : il rappelle qu’une étude a par exemple montré que les ventes de commerciaux optimistes étaient de 37 % supérieures à celles des autres.
* A Kick in the Attitude, Sam Glen, Wiley, janvier 2010.

 

 

Positif, pour fédérer autour d’une vision collective

« Accélération du monde et changement divers, perte de repères anciens et de la visibilité sur le futur, crainte de l’obsolescence des compétences et de la disqualification professionnelle, peur de l’imprévisible sous toutes ses formes, tels sont les ingrédients du doute et de la perte de confiance en soi en la société, terrain d’élection du pessimisme collectif », observe Philippe Gabilliet. Dans ce contexte, il souligne que l’optimisme est un excellent moyen pour les managers de répondre aux nouvelles attentes des collaborateurs.

• Rassurer : des managers optimistes sont des managers qui croient dans la valeur de leurs collaborateurs.
• Convaincre : l’optimisme montre que les leaders ont eux-mêmes confiance dans leurs actions.
• Inviter à l’action : un climat de travail positif permet de contrebalancer la conjoncture difficile et les objectifs exigeants.

 

 

D’après Éloge de l’optimisme : quand les enthousiastes font bouger le monde, Philippe Gabilliet, Saint-Simon, novembre 2010 ; « Why It Pays To Be an Optimist», Martha E. Mangelsdorf, MIT Sloan Management Review, décembre 2010 ; How I Became an Optimist, Tony Schwartz, Harvard Business Press, avril 2011 ; Are Happy Peolpe Dumb?, Shawn Achor, Harvard Business Review Blogs, mars 2011.