Les interrupteurs

Couper la parole aux femmes semble être un art que beaucoup d'hommes pratiquent avec aisance, bien souvent sans même s’en rendre compte. Dans le cadre professionnel, malgré leurs compétences et leurs positions hiérarchiques, de nombreuses femmes en font les frais.

Vous avez déjà entendu parler du « Manterrupting » ? Cette capacité qu’ont certains hommes à couper la parole à une femme dans une réunion, une conversation, et ainsi reprendre de fait le pouvoir ? Dans un article paru dans Le Monde intitulé « En entreprise, une femme qui parle est bavarde, un homme qui parle est un leader », trois femmes cadres supérieures donnent leur point de vue sur le sujet ainsi que les méthodes mises en place pour gagner en crédibilité et être écoutée sans être interrompues.

Le « Manterrupting » apparaît aussi lié à la culture d’entreprise. Le phénomène est plus accentué en Europe car, malgré l’existence d’une parité homme / femme en matière d’enseignement, les femmes sont moins (ou pas du tout) préparées à prendre la parole dans une société dirigée en majorité par des hommes. Aux États-Unis en revanche, des cours leurs sont proposées durant leurs études pour apprendre à reprendre la parole en cas d’interruption, ce qui les prépare à gérer plus facilement ces comportements lorsqu’elles y sont confrontées.

L’interruption est irrespectueuse et désagréable, et personne ne devrait avoir recours à la ruse pour faire entendre sa voix ; pour y remédier, limiter cette discrimination et permettre une meilleure collaboration, certaines entreprises n’hésitent pas à instaurer un règlement intérieur contre l’interruption. Le but n’est pas de juger mais d’attirer l’attention sur les biais inconscients qui autorisent ces interruptions, qui bien souvent ne sont pas volontaires mais sont le fruit d’un conditionnement culturel.

Pour en savoir plus :

«En entreprise, une femme qui parle est bavarde, un homme qui parle est un leader (Le Monde, 2017)