La foule est-elle si bête que ça ?

Une fake news se répandrait 6 fois plus vite qu’une information vérifiée. La foule serait-elle bête ? En 1906, le statisticien anglais Francis Galton a voulu le prouver en demandant aux visiteurs d’une foire d’estimer le poids d’un bœuf abattu et débité. Si les réponses individuelles étaient fausses, la moyenne des estimations s’avérait… remarquablement juste.

Aristote le défendait déjà il y a 2400 ans : « la majorité, dont chaque membre pris à part n’est pas un homme remarquable, est cependant au-dessus des hommes supérieurs ». C’est vrai aussi aux échecs. En 1999, quand Kasparov a bien failli perdre en jouant contre une foule composée de 50.000 joueurs amateurs. Le dixième coup, aussi atypique qu’intelligent, est resté dans les annales.
Si les animaux sociaux font ensemble des choses formidables, pourquoi les humains ne le pourraient-ils pas ? Regardez Wikipédia, cinquième site web le plus visité au monde, qui contient aujourd’hui 10 millions d’articles en 260 langues. 27 millions de personnes ont contribué au moins une fois à un article, ce qui en fait le plus important projet collectif que l’Humanité ait entrepris. Aussi surprenant que ça puisse paraître au regard du processus de publication, la qualité des articles de Wikipédia est semblable à celle des encyclopédies traditionnelles, comme Britannica ou Encarta. D’après Mehdi Moussaïd, chercheur en sciences cognitives au Max Planck Institute à Berlin, auteur de Fouloscopie, ce que la foule dit de nous, deux règles fondamentales permettent d’activer l’intelligence collective de la foule : la diversité des idées et l’indépendance des jugements.

Pour en savoir plus: 

Fouloscopie, ce que la foule dit de nous de Mehdi Moussaïd (HumenSciences, janvier 2019)