#tousparanos ?

Vous pensez être en sécurité ? Lisez donc l’article de Tyler Elliot Bettilyon. Notre décennie est celle qui aura fait mentir George Orwell dans son fameux 1984, publié en… 1949. La grosse différence est qu’aujourd’hui nous payons pour avoir le plaisir d’intégrer Big Brother dans nos vies.

Je sais, le sujet n’est pas nouveau – et ne s’arrête pas aux États surveillance tels la Chine, ou les États-Unis et leur programme PRISM dénoncé par Snowden. Des politiques similaires de surveillance sont en cours de déploiement dans toute l’Europe, (cf le rapport de 2017 de Freedom on the Net dénonçant une montée en puissance de la censure en ligne). Et même si nous commençons à gigoter contre la possibilité de militarisation des données, les pires vulnérabilités sont en grande partie invisibles (et les pires abus à venir) ; elles concernent chacun de nous et la manière dont nous utilisons Internet et ne pigeons strictement rien à ce qui se passe sous la surface. Même si vous pensez ne pas en abuser, le monde moderne s’en charge pour vous (sécurité sociale, transactions bancaires, achats compulsifs, frigo connecté, etc…). Et d’après Bettilyon, nous ne sommes qu’au milieu de la révolution Big Data.

Alors tous paranos ? non plus. Les employés de Google ont menacé de démissionner en masse (et ils sont des compétences très courues !) si leur entreprise continuait à collaborer au projet de reconnaissance faciale de la police d’Orlando. #bravolesgars. Car même si la techno va envahir de plus en plus toutes les sphères de notre vie privée, accepter notre nouvelle réalité interconnectée sera un processus, et en rien une destination. Plus nous parlons des données et des problèmes qui en découlent, plus la conscience générale obligera à les résoudre.

Pour aller plus loin : « Paranoia is now a best practice » de Tyler Elliot Bettilyon, (Medium, septembre 2018)