Quand le travail rend malade…

Nul doute aujourd’hui qu’un environnement de travail toxique nuit à la santé du/des collaborateur(s), comme, in fine, à la performance du collectif. Ce qui est moins évident en revanche, c’est le côté meurtrier de cette toxicité... L’avis de Jeffrey Pfeffer, Pr comportement organisationnel à Stanford.

C’est le big bang. Jeffrey Pfeffer, professeur chercheur émérite de Stanford publie dans son livre, Dying for a Paycheck, les résultats de ses derniers travaux de recherche : la toxicité du lieu de travail serait la 5e cause de mortalité aux États-Unis, loin devant la maladie d’Alzheimer par exemple. Sont pointées du doigt des causes telles que des heures de travail excessives, le conflit travail-famille, le manque d’assurance maladie, et, en termes de management, le manque d’autonomie. Soit près de 120 000 décès par an et cinq à huit pour cent des coûts annuels des soins de santé.
En Chine, pire encore : plus d’un million de personnes meurent chaque année en raison du surmenage.
Ce que Pfeffer recommande haut et fort, c’est de prendre le problème de la santé au travail à bras le corps : pas « après coup », une fois le mal installé en proposant des programmes de bien-être mais à titre préventif, en intégrant la dimension santé dans l’ADN de chaque organisation. Et de s’adresser aux dirigeants : « vous êtes plus importants pour chacun de vos collaborateurs directs que leur propre médecin de famille » ; « vous contribuez beaucoup plus à leur santé et leur bien-être que vous ne le pensez ». Avec 3 questions à vous poser quant à l’organisation du travail de vos équipes :
1) est-ce durable ?
2) ne suis-je pas en train de les surcharger ?
3) que puis-je faire pour corriger le tir ?

En clair, mieux vaut prévenir que guérir.

Pour aller plus loin : Dying for a Paycheck: How Modern Management Harms Employee Health and Company Performance—and What We Can Do About It, de Jeffrey Pfeffer, (Harper Collins, mars 2018)