Reverse mentoring : un coup de jeune
pour les entreprises
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« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Un adage résumant bien la démarche du mentoring inversé qui mise sur la capacité des jeunes générations à transmettre à leurs aînés de nouvelles compétences. Objectifs : non seulement développer des savoir-faire individuels, mais également dynamiser l’ensemble de l’entreprise.

Fin 2013, le Comex d’Orange a lancé une initiative inhabituelle : chacun de ses membres s’est vu attribuer pour mentor une jeune recrue, chargée de le sensibiliser aux usages des réseaux sociaux. Danone, Axa, ENGIE, BNP Paribas ou la SNCF tentent des expériences similaires. L’idée n’est pas nouvelle : au tournant des années 2000, Jack Welch, l’emblématique PDG de General Electric, louait déjà la pratique du « reverse mentoring » – sans grande popularité à l’époque. Aujourd’hui, l’évolution de la pyramide des âges dans l’entreprise pousse à faire bouger les lignes. Générations Y (née entre 1980 et 1995) et Z (nés après 1995), agiles, technophiles et rétives au management hiérarchique traditionnel seront majoritaires dans le monde du travail après 2020. Il devient urgent pour les organisations de tirer pleinement parti de leurs savoir faire et savoir-être afin de se moderniser, mais également de mieux comprendre, valoriser et retenir ces jeunes talents. Les bénéfices du reverse mentoring sont donc multiples : opportunité d’apprentissage pour les mentorés seniors, outil de reconnaissance et d’intégration pour les jeunes mentors… et pour l’entreprise : une perspective de transformation.

Philosophie : renverser la hiérarchie des savoirs
Une idée sous-tend le reverse mentoring : l’expérience issue de l’ancienneté n’est pas la seule utile à la réussite de l’entreprise. Le reverse mentoring repose, à l’inverse du principe traditionnel d’apprentissage, sur le fait qu’une jeune recrue détient des savoir-faire que des managers plus expérimentés ne possèdent pas – ou insuffisamment – et qu’il peut leur transmettre. Une révolution, qui induit une sorte de renversement hiérarchique, en plaçant le manager en position d’apprenant, posture parfois inconfortable. À raison de plusieurs rendez-vous en tête-à-tête (ou, à défaut, de vidéoconférences via Skype), qui prennent la forme de discussions à bâtons rompus, le « senior » explore ainsi un domaine dans lequel il est novice, guidé par son jeune mentor. « Nous avons identifié trois grands types de partage d’expérience et de savoir-faire possibles via le reverse mentoring, témoigne Isabelle Proust, CEO de Bernard Loiseau et diplômée d’HEC qui qui a mis en place ce nouveau dispositif pour les alumni de l’école : 1) une sensibilisation aux usages des nouvelles technologies et du digital ; 2) un dialogue ouvert permettant de décoder les différences comportementales entre générations ; 3) une initiation accélérée aux codes et à l’esprit start-up. »

Ambition : accompagner la transformation digitale de l’entreprise
« Le reverse mentoring sur le digital va bien au-delà d’une initiation technique aux réseaux sociaux et autres outils numériques de ce type…

La suite dans notre dossier :

Reverse mentoring : un coup de jeune pour les entreprises

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D’après « Mentoring inversé : ‘Un stagiaire m’a tout appris’ » de Florian Debes (Les Echos, octobre 2015) ; « Reverse mentoring, le monde à l’envers » de Patrick Arnoux (Le Nouvel Economiste, septembre 2015) ; « Reverse Mentoring Cracks Workplace » de Leslie Kwoh (Wall Street Journal, novembre 2011).