Ce que la Gen Z va changer Premium

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Le digital n’a pas de secret pour eux, leur épanouissement perso est le signe de leur réussite pro : ces « mutants », nés après le milieu des années 90, arrivent tout juste sur le marché du travail et vont bousculer un peu plus les règles de l’entreprise. Connus pour avoir inventé leur propre monde, avec ses propres codes, ils peuvent  devenir de puissants moteurs d'innovation pour nos bonnes vieilles entreprises. A condition que les autres générations acceptent de partager avec eux… plutôt que s’imposer à eux.

Ils sont 16 millions en France et constituent 26 % de la population des États-Unis. Eux, ce sont les « Gen Z », nés après 1995. Les plus vieux abordent le marché du travail tandis que les plus jeunes découvrent l’école maternelle. Bien sûr il est encore un peu tôt pour prétendre les connaître parfaitement et savoir comment ils impacteront l’entreprise, mais le portrait de leur génération s’esquisse déjà à grands coups de crayons. Une chose est acquise : ils seront très différents de leurs prédécesseurs Gen Y car, eux, refuseront de se fondre dans le moule de leurs ainés.

UNE GÉNÉRATION AUX ASPIRATIONS AMBIVALENTES

Ils sont encore jeunes mais ils ont déjà une sacrée réputation. On les dit « techno addicts », centrés sur eux-mêmes, rebelles à toute autorité, etc. Bref, des « Y » en pire. Dans les faits, le portrait de la génération Z est nettement plus nuancé.

Hyperconnectés, mais…

Dans son livre Petite Poucette (Le Pommier, 2012), le philosophe Michel Serres qualifie la nouvelle génération de « mutants », estimant que les technologies sont devenues de véritables extensions cérébrales et physiques qui leur permettent d’évoluer simultanément dans plusieurs dimensions spatio-temporelles. Ces mutants ont même construit leurs propres conventions de communication où l’image – qu’elle soit GIF, emoticon, ou cinemagraph – tient le premier rôle devant l’écrit. Progressivement ils abandonnent les réseaux sociaux « à l’ancienne » comme Facebook pour s’investir sur des plateformes en temps réel telles Snapchat ou Whatsapp. Leur rapport aux contenus digitaux est très différent de celui tissé par leurs aînés. Ainsi, ils ne se contentent pas de consommer et de partager, ils sont de plus en plus producteurs ou coconstructeurs, sur Youtube, Instagram ou Vine. Cette omniprésence en ligne sonnerait-elle le déclin des relations humaines directes ? Non : bien qu’ils soient actifs en moyenne sur 5 écrans (contre 2 pour les Gen Y), les moins de vingt ans ne délaissent pas pour autant la bonne vieille conversation. Une étude menée par Randstad Canada en 2015 révèle ainsi que la Génération Z accorde plus d’importance à la communication en personne (47 %) que la génération Y (43 %).

Centrés sur eux-mêmes, mais…
En novembre 2013, le mot « selfie » a été élu mot de l’année par les auteurs du dictionnaire d’Oxford. Depuis le phénomène est devenu mondial. Dans le même temps, la tendance du Vlogging (blog vidéo) se démocratise, déconcertant les parents mais captivant les marques qui y voient un puissant levier marketing. La scénarisation de soi est une réalité pour une frange importante des ados et post ados d’aujourd’hui. Pourtant, que ceux qui s’alarment d’une possible montée du narcissisme chez les jeunes se rassurent…

La suite dans notre dossier :

Ce que la Gen Z va changer

 

BD26301D’après, entre autres, « La grande invaZion » (Boson Project et BNP Paribas, 2015) ; « De Y à Z, le guide sur la prochaine génération d’employés » (Randstad Canada, 2015) ; « Meet Generation Z: Forget Everything You Learned About Millennials » (Sparks & Honey , 2014) ; The Gen Z Effect: The Six Forces Shaping the Future of Business de Tom Koulopoulos et Dan Keldsen (Bibliomotion, 2014) et l’interview de David Mérieux, talent manager, Nestlé Indonésie.