Le futur du travail Premium

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Bill Gates lui-même l’a dit à plusieurs reprises : l’emploi traditionnel (contractualisation de longue durée entre une entreprise et un individu) sera sans doute marginal d’ici vingt ans. Et, avec lui, la redistribution de la valeur créée sous forme de salaire régulier. Quelles sont les tendances en matière d’évolution des liens entre l’entreprise et ceux qui bossent pour elle ?

Digitalisation, robotisation, « ubérisation », etc. Les changements à l’oeuvre dans l’économie bouleversent les fondements de notre société. Même s’il est difficile de mesurer les impacts de cette mutation globale, de nombreux experts – du MIT à Oxford – prévoient des pertes d’emplois de l’ordre de 30 à 50 % d’ici 10 à 20 ans. Les plus optimistes se consolent en martelant que l’histoire a été jalonnée d’épisodes de « destruction créatrice » – supprimant des emplois dans un secteur pour en créer de nouveaux dans un autre. C’est le cas de Denis Pennel, directeur général de la Confédération internationale des entreprises de recrutement et d’intérim : il prévoit l’avènement d’une forme d’artisanat de masse, axée sur la personnalisation des biens et des services et l’émergence d’une nouvelle classe de travailleurs/entrepreneurs. D’autres chercheurs ont une vision moins positive de la situation à l’instar du philosophe Bernard Stiegler qui redoute une prolétarisation généralisée. Deux points de vue différents, mais une conviction commune : les entreprises vont s’adapter aux nouvelles tendances du travail.

S’adapter aux nouvelles dynamiques collectives
La pression concurrentielle conduit certaines entreprises à privilégier, pour plus d’agilité, les petites équipes autonomes, la collaboration avec les clients voire les concurrents et les formes de contractualisation qui servent leur rentabilité immédiate. Mais, dans le même temps, le « collectif » s’impose comme la nouvelle valeur cardinale du fonctionnement des organisations. Comment naviguer entre ces différentes injonctions ?

Promouvoir l’autonomie et la responsabilisation
Le mode projet est entré dans les moeurs accompagné d’une profonde transformation de la fonction managériale, les « chefs » d’hier endossant de nouvelles missions de soutien, de feedback et de mise en perspective de l’action. Mais les entreprises s’affranchiront encore davantage de ce modèle de management traditionnel. Certaines d’entre elles comme le développeur de logiciels Sogilis, misent déjà sur un fonctionnement cellulaire avec des équipes autogérées qui définissent leurs propres objectifs et mènent leurs propres recrutements. D’autres prennent le parti d’aplatir leurs hiérarchies et de manager par la confiance et la responsabilisation. C’est le cas des adeptes de l’holacratie et autres entreprises libérées, comme Zappos, Castorama, Auchan, le biscuitier Poult…

Développer une culture de l’apprentissage itératif
Jadis, les entreprises avaient des fonds de commerce (immobilisant capital physique et humain). Demain, elles devront être en mesure de se redéployer très rapidement sur de nouvelles activités. Pour ce faire elles auront besoin d’apprendre en permanence…Lire la suite

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Le futur du travail

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D’après « The Dawning of the Age of Flex Labor » de Andrei Hagiu et Rob Biederman (Harvard Business Review, septembre 2015) ; L’emploi est mort, vive le travail, de Bernard Stiegler et Ariel Kyrou (Mille et une nuits, 2015) ; « There’s an App for That », Coll. (The Economist, 2015) ; « Digiwork, repenser la place de l’individu au travail dans une société numérique » (FING 2014); « Your Company Needs Independent Workers » de Steve KING et Gene Zaino (Harvard Business Review, novembre 2015) .