The End of Normal: The Great Crisis and the Future of Growth

 

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Les années qui ont suivi la Crise financière de 2008 ont été marquées par une faible croissance, des taux de chômage importants, la perte de valeur de l’immobilier, des déficits chroniques, une aggravation de la situation en Europe, avec toujours le même choix entre deux solutions erronées, « l’austérité » d’un côté et la « relance » de l’autre. Les partisans des deux camps et quasiment toutes les analyses de la crise à ce jour partent du principe que la croissance économique du début des années 1950 jusqu’à l’an 2000, avec une interruption dans les années 1970, constitue la normalité. Vue sous cet angle, la crise serait une interruption, provoquée par de mauvais choix politiques ou de mauvais décideurs, et il suffit de régler les causes pour que la reprise soit totale. The End of Normal met en doute cette vision. En mettant la crise en perspective, James Galbraith avance que les années 1970 ont déjà mis fin à l’ère de la croissance facile. Les années 1980 et 1990 n’ont connu qu’une croissance en dents de scie avec des inégalités de plus en plus marquées au sein des pays et entre eux. Et les années 2000 marquent le coup d’arrêt de cette croissance irrégulière, malgré des efforts désespérés pour relancer ou maintenir la croissance avec des baisses d’impôts, des dépenses massives et la déréglementation financière.

Pourquoi a-t-on choisi ce livre ?
Bien que pessimiste, cette vision de James Galbraith est exposée dans un cadre plausible et engageant. Cette analyse, qui va à l’encontre des discours communément entendus, mérite d’être prise en compte non seulement par les économistes, mais également par les dirigeants d’entreprise qui cherchent désespérément à renouer avec la croissance à deux chiffres des Trente Glorieuses.

The End of Normal: The Great Crisis and the Future of Growth de James K. Galbraith (Simon & Schuster, septembre 2015).