Internet et capitalisme : quelles visions du futur ? Premium

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Assiste-t-on à la fin de l’ère capitaliste et à l’avènement d’un nouveau modèle de société basé sur la fin des coûts marginaux et l’économie collaborative, comme le suggère le prospectiviste Jeremy Rifkin ? Si les analyses divergent sur la radicalité du changement et la vision du futur, elles pointent néanmoins toutes du doigt les paradoxes du modèle dominant et la nécessité de sa réinvention. Extrait du dernier dossier de Business Digest :

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Le digital pousse les coûts marginaux vers zéro
Pour Jeremy Rifkin, la révolution technologique peut réduire le coût marginal à presque zéro pour tout un ensemble de biens et services, rendant ces derniers gratuits et abondants, à l’exemple de ce qui se passe déjà dans l’industrie musicale ou dans l’édition. Et cette révolution va bien au-delà des biens et services numériques car l’Internet des objets et le big data permettent des gains de productivité importants dans tous les secteurs économiques.

Un modèle économique collaboratif émerge
Grâce à la nouvelle infrastructure digitale et à la généralisation des objets connectés, demain, chacun pourra programmer ses appareils pour qu’ils consomment moins, produire sa propre énergie renouvelable et l’échanger sur Internet, fabriquer ses objets sur mesure avec son imprimante 3D pour les partager avec sa communauté en ligne… Un scénario non seulement probable mais proche selon Jeremy Rifkin, qui voit dans l’économie du partage le modèle qui s’imposera dans les prochaines années.

Et si Jeremy Rifkin avait tout faux ?
Cela semble simple : plus rien ne coûte plus rien, tout se partage à l’infini ! Trop simple ? Dans l’article assassin « Zero Marginal Thinking: Jeremy Rifkin gest it all wrong » publié sur son site en avril 2014, Eric Raymond, l’expert en logiciels qui a inspiré une partie de sa réflexion à Jeremy Rifkin, démonte point par point la théorie du prospectiviste selon laquelle la disparition des coûts marginaux pourrait gagner les biens physiques. Notamment en raison de la matière première nécessaire à l’impression 3D et de coûts de transport des marchandises qui restent incompressibles.
Et Jacques Attali enfonce le clou. S’il ne remet pas en cause le changement de société porté par le digital, il insiste sur l’importance de ne pas tomber dans l’angélisme technologique pour protéger nos démocraties face aux nouveaux oligopoles issus d’Internet.

Le point de vue de cinq grands patrons
Du leadership conscient prôné par Paul Polman (CEO d’Unilever), à l’impact des objets connectés sur l’industrie selon Clara Gaymard (CEO de GE France), voici, exprimées par des leaders d’opinion, quelques grandes tendances qui transforment le monde des affaires.


D’après La nouvelle société du coût marginal zéro de Jeremy Rifkin (Les liens qui libèrent, septembre 2014), Le capital au XXIe siècle de Thomas Piketty (Seuil, août 2013), La critique du capital au XXIe siècle de Guillaume Allègre et Xavier Timbeau (OFCE, mars 2014), A bigger prize: how we can do better than the competition de Margaret Heffernan (Public Affairs, avril 2014), Who owns the future de Jaron Lanier (Simon & Schuster, mai 2013) et la conférence G9+ « Internet va-t-il tuer le capitalisme : intervention de Jeremy Rifkin, Jacques Attali, Jean-Marc Daniel et Clara Gaymard » (novembre 2014).

À voir, la vidéo :

Internet va-t-il tuer le capitalisme ?

Retrouvez dans cette vidéo l’intervention de Jeremy Rifkin lors de la conférence « Internet va-t-il tuer le capitalisme » organisée par l’institut G9+