Six règles simples pour fluidifier l’organisation Premium

Pour lire ce dossier dans son intégralité, devenez Abonné Privilégié ou connectez-vous

Pour faire face à une complexité de plus en plus prégnante, les dirigeants créent des labyrinthes organisationnels qui brident les capacités d’innovation et démotivent leurs équipes. Comment mettre un terme à cet engrenage ? Business Digest passe en revue « six règles simples » conçues par Yves Morieux et Peter Tollman du BCG. Objectif : accroître autonomie et marges de manœuvre individuelles tout en favorisant la collaboration au profit du collectif.

 

Règle n° 1 : comprendre ce que font vraiment les autres
La performance d’une entreprise n’est rien d’autre que l’effet combiné du comportement des individus, de leurs actions, de leurs décisions et de leurs interactions. La première règle consiste à analyser les objectifs réels que les collaborateurs cherchent à atteindre, leurs ressources et contraintes.

Règle n° 2 : renforcer le rôle des intégrateurs
Nul besoin d’être manager pour être intégrateur, mais ce rôle devrait être le cœur de la fonction managériale. Mission des dirigeants : renforcer le rôle d’intégration des managers en leur donnant plus d’autonomie et en les incitant à se fier plus à leur capacité de discernement plutôt qu’à des indicateurs.

Règle n° 3 : augmenter la quantité totale de pouvoir
Développer l’autonomie des collaborateurs suppose de renforcer leur pouvoir, défini comme l’aptitude à influencer les résultats des autres. Ce pouvoir permet d’interpréter les règles et d’utiliser son discernement et son intelligence plutôt que de respecter des processus. Plus les collaborateurs ont de pouvoir, plus ils prennent les bonnes décisions et plus l’entreprise gagne en agilité.

Règle n° 4 : accroître la réciprocité
La réciprocité est la reconnaissance par des personnes ou des équipes d’un intérêt mutuel à coopérer. Comment l’encourager ? En rendant l’interdépendance plus visible pour que chacun reconnaisse qu’il a besoin des autres.

Règle n° 5 : entrevoir le futur
Cette règle consiste à renforcer le lien de cause à effet entre présent et futur : ce que je fais aujourd’hui a une conséquence directe sur ce qui arrivera demain. Dans des organisations devenues compliquées et opaques, personne ne se sent plus connecté aux conséquences de ses actions.

Règle n° 6 : récompenser ceux qui coopèrent
Les auteurs suggèrent de changer le prisme de l’évaluation en s’attachant à l’attitude de coopération. Par exemple, les dirigeants ne doivent pas sanctionner l’échec, mais le fait de ne pas avoir aidé ou demandé de l’aide.

L’exemple de LEGO
Au début des années 2000, le célèbre fabricant de jouets danois LEGO était au bord de la faillite. En 2003 et 2004, l’entreprise perdait chaque jour plus de 300 000 dollars. En cause : la prolifération des activités qui avaient conduit le groupe à perdre la maîtrise de ses processus et de ses coûts. Avec son arrivée à la tête de l’entreprise en 2004, Jorgen Vig Knudstorp donne un nouveau ton : retour à la simplicité ! 10 ans plus tard, l’entreprise est devenue le numéro un mondial du jouet devant Mattel (le chiffre d’affaires de LEGO a dépassé celui de Mattel en 2013).


D’après Six Simple Rules: How to Manage Complexity Without Getting Complicated d’Yves Morieux et Peter Tollman (Harvard Business Press, mars 2014), « Ambidexterity: The Art of Thriving in Complex Environments » de Martin Reeves, Knut Haanæs, James Hollingsworth et Filippo L. Scognamiglio Pasini (BCG Perspectives, février 2013) et l’interview de Martin Georg Jorgensen, design product manager, LEGO (Danemark).

À voir, la vidéo :

BCG’s Yves Morieux on reducing organization complexity.

Le coauteur de Six Simple Rules nous éclaire sur le concept de simplicité intelligente.