Le paradoxe de l’emploi : chômage de masse et postes vacants Premium

Pour lire ce dossier dans son intégralité, devenez Abonné Privilégié ou connectez-vous

Dans de nombreux pays, le chômage des jeunes est une question nationale urgente. Mais le problème est global : de l’Europe aux États-Unis en passant par le Moyen-Orient ou l’Asie, le chômage des actifs de moins de 25 ans est une véritable épidémie. Paradoxalement, dans le même temps, selon l’Organisation internationale du travail, 50 % des chefs d’entreprise à travers le monde rencontrent des difficultés de recrutement.

Gap
Dans le monde, quelque 75 millions d’actifs de moins de 25 ans étaient sans emploi en 2012, selon le Bureau international du Travail, soit une augmentation de plus de 4 millions par rapport à 2007. Un phénomène qui menace la croissance économique et la stabilité sociale dans des dizaines de pays et ce pour plusieurs décennies. Paradoxalement les entreprises à travers le monde se plaignent d’avoir du mal à pourvoir leurs postes vacants, fautes de trouver les bons candidats. En 2011, 80 % des employeurs au Japon affirmaient être dans ce cas, tandis qu’en Europe plus de 65 % des CEO déclaraient que « la faible disponibilité de candidats qualifiés représente la difficulté majeure pour les trois années à venir ». Aux États-Unis, toujours en 2011, 30 % des entreprises ont vu certains de leurs postes vacants pendant plus de six mois.
Graphique
L’arrivée des jeunes sur le marché du travail pose des défis colossaux aux entreprises – d’importants investissements sont nécessaires pour amener les nouveaux actifs à des niveaux de compétences satisfaisants – mais représente aussi un énorme potentiel d’innovation et de progrès. Quel rôle peuvent jouer les entreprises pour lutter contre le skills gap ? Des experts comme Peter Capelli, directeur du Center for Human Resources de Wharton, expliquent que les recruteurs ne peuvent plus se contenter d’attendre que le candidat idéal, celui dont les compétences correspondront parfaitement au poste demandé, frappe à la porte. Les entreprises doivent désormais s’investir activement dans la formation et s’inspirer par exemple de ce qui se pratique dans les pays émergents où le marché des talents est particulièrement tendu :
• En amont : en collaborant avec des institutions d’éducation afin d’aligner les formations sur leurs besoins en compétences. C’est ce que fait en Inde une SSII HCL Technologies, qui nouent des partenariats avec un grand nombre d’écoles d’ingénieurs dans le but d’améliorer l’employabilité des jeunes diplômés.
• En aval : l’entreprise indienne Infosys a investi en 2011 plus de 240 millions de dollars (4 % de son CA) dans la formation et le développement de ses collaborateurs. Selon le McKinsey Global Institute, la SSII représente, devant bon nombre d’universités « une des institutions de formation les plus importantes et efficaces au monde, avec 45 000 employés formés chaque année. »

À lire, notre dossier :

BD22702Skills gap : concilier postes à pourvoir et compétences disponibles sur le marché

Synthèse de différentes sources appuyées d’une interview de Srikantan Moorthy, vice-président senior et directeur éducation et recherche (E&R) Groupe, Infosys Ltd., mai 2012.
Business Digest nº 227, juin 2012.

À voir, la vidéo :
Education to Employment: Designing a system that works

Des pistes pour assurer une meilleure adéquation entre l’éducation et le monde du travail