Pourquoi l’organisation est-elle (encore) nécessaire ? Premium

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L’organisation formelle serait-elle vouée à disparaître ? Le management vertical dépassé ? Les dirigeants devenus inutiles ? Les auteurs de The Org refusent de céder à l’effet de mode : l’organisation, le management comme le leadership, s’ils se traduisent parfois par des dérapages bureaucratiques, restent la contrepartie inévitable et nécessaire au bon fonctionnement du travail collectif.

Organisation

La fin de l’organisation n’est pas pour demain
Si beaucoup considèrent l’organisation formelle comme un frein à l’innovation, les disfonctionnements qu’elle génère (réunions interminables, contrôles hiérarchiques, etc.) sont souvent indispensables. « Nous célébrons le succès des anti-conformistes et des libres-penseurs, expliquent les auteurs, mais ces comportements mènent parfois au désastre ; toute initiative ou bonne intention doit respecter des règles qui restent nécessaires pour organiser le travail collectif. »

L’entreprise sans managers est-elle performante ?

Malgré la tendance généralisée à simplifier la bureaucratie et à réduire le nombre de managers, ces derniers ont un réel impact sur la performance. Les managers jouent deux rôles décisifs et pourtant difficiles à articuler : ils participent à l’édiction des règles collectives et veillent à leur bonne application. Simultanément, ils s’assurent de dynamiques humaines tacites, telles que la motivation ou l’engagement.

Les dirigeants contre la bureaucratie

En avril 2012, Barbara Kellerman jetait un pavé dans la mare avec son ouvrage The End of Leadership. Elle annonçait que les dirigeants s’effaceraient au profit de leurs employés. Ray Fisman et Tim Sullivan nuancent ces propos en soulignant le rôle toujours plus décisif des leaders dans les entreprises : en modelant la culture organisationnelle, ils limitent la portée des dysfonctionnements bureaucratiques.

Ce qu’ils en pensent, ce qu’ils ont fait :
Connu pour ses jeux de construction basés sur l’éveil de l’imagination et de la créativité, LEGO a frôlé la banqueroute au début des années 2000, après avoir déployé des stratégies d’innovation collaboratives très modernes. Le groupe a évité la faillite en adaptant de l’intérieur ses façons de travailler pour s’assurer qu’elles ne s’opposent plus à l’impératif de discipline organisationnelle.

À lire, notre dossier :
Pourquoi l’organisation est-elle (encore) nécessaire ?

D’après The Org: The Underlying Logic of the Office de Ray Fisman et Tim Sullivan (Twelve, janvier 2013), Brick by Brick: How LEGO Rewrote the Rules of Innovation and Conquered the Global Toy Industry de David C. Robertson et Bill Breen (Crown Business, juin 2013) et « How to Design a Winning Company » d’Ashok Divakaran, Gary L. Neilson et Jaya Pandrangi (strategy+business, août 2013).
Business Digest nº 240, octobre 2013.

À écouter, l’interview :
The ‘Underlying Logic’ Behind The Madness Of The Office

Tim Sullivan et Ray Fisman, auteurs de The Org, reviennent sur les principaux enseignements de leur ouvrage et expliquent l’importance de certaines lourdeurs bureaucratiques, comme les réunions.