Favoriser l’adoption d’une langue corporate… sans stress !

D’après : « Global Business Speaks English » de Tsedal Neeley (Harvard Business Review, mai 2012).

En mars 2010, Hiroshi Mikitani, CEO du géant de l’e-commerce Rakuten, lâche une bombe : les 7 100 collaborateurs du groupe japonais ont deux ans pour devenir opérationnels en anglais ! À l’époque, moins de 10 % des employés parlaient la langue de Shakespeare. Si les réactions hostiles ne sont pas faites attendre, Hiroshi Mikitani n’avait pas vraiment le choix, explique Tsedal Neeley, professeur à Harvard. Selon elle, « tous les CEO qui ont une ambition de croissance mondiale pour leur entreprise doivent mettre en place une stratégie de langue ». Et l’une des plus pertinentes, aujourd’hui, est de faire en sorte que les collaborateurs se mettent à l’anglais. Problème : imposer à ses équipes de parler une langue étrangère peut éroder leur confiance en elles, et nuire à leur performance. Une source de stress importante qui peut pourtant être réduite, à l’image de ce qui a été fait chez Rakuten.

Comment faciliter l’adoption d’une langue corporate ?

1. Dédramatisez : les dirigeants doivent rappeler que le fait de ne pas maîtriser parfaitement l’anglais à l’origine n’est pas un problème, d’autant que les collaborateurs sous-estiment généralement leur niveau. En mettant en place quelques tests d’évaluation, vous rassurez sans doute une majorité d’entre eux.

2. Soyez patient : inutile de plonger ses collaborateurs dans le grand bain de la réunion internationale avant qu’ils aient pris confiance en eux. Chez Rakuten, il aura fallu deux ans de formation et de voyages d’étude pour que l’ensemble des collaborateurs soit opérationnel en anglais.

3. Misez sur le globish : passer de débutant à opérationnel nécessite de maîtriser environ 3 500 mots d’anglais, trois fois moins que le nombre de mots que connaît un individu ayant l’anglais pour langue maternelle. Inutile de s’attendre à une maîtrise parfaite de l’anglais, seule compte la capacité à collaborer.

4. Rassurez : « Quand je parle anglais, je ne suis pas vraiment moi-même. Je ne peux exprimer qu’une partie minime de ce que je ressens », voici un sentiment naturel pour un non anglophone. Rassurez-le en lui signifiant bien que cette composante est prise en compte quand il s’exprime.

Enfin, sensibilisez également les collaborateurs ayant l’anglais pour langue maternelle. Ils peuvent parfaitement contribuer au déploiement de la langue corporate en parlant plus lentement ou en limitant leur utilisation de vocabulaire complexe. Enjeu : se faire comprendre, mais surtout valoriser ses interlocuteurs.

Le mandarin est-il la langue d’affaires du futur ?
Au regard de la croissance exponentielle de l’économie chinoise, le mandarin peut-il prendre le pas sur l’anglais comme langue des affaires ? Tsedal Neeley y voit deux limites :
1. Le manque d’influence de la Chine : le passé colonial britannique a joué un rôle clé dans le rayonnement international de la langue anglaise dès le 16e siècle. Aujourd’hui, l’influence limitée de la culture chinoise empêche l’essor du mandarin comme langue internationale.

2. La difficulté du mandarin : pour la plupart des cultures, le mandarin est extrêmement complexe à apprendre. S’il est possible de parler rapidement un anglais approximatif au quotidien, l’expression en mandarin nécessite en effet la maîtrise de bases solides… et dures à acquérir.

 

Trouver l’article

D’après  «Global Business Speaks English » de Tsedal Neeley (Harvard Business Review, mai 2012) :

En savoir plus

• « Overcoming the Stress of ‘Englishnization’ » de Kim Girard (Harvard Business Scool Cases, mars 2012) :
• Livre : Parlez globish : L’anglais planétaire du troisième millénaire de Jean-Paul Nerrière (Eyrolles, octobre 2011).
• « Why Everyone at Your Company Should Speak (A Little) English », Tsedal Neeley (Harvard Business School Youtube Channel, mai 2012).