Innovation frugale dans les pays émergents – Pour une croissance durable Premium

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Gaspillage d’eau, d’énergie, de matières premières, émission de gaz à effet de serre, de déchets divers… Si depuis le XIXe siècle produire toujours plus est signe de croissance, nombre d’entreprises des pays émergents misent sur l’innovation frugale afin de produire mieux. Souci de réduction des coûts ? Pas seulement. Pour ces firmes, la frugalité est aussi une excellente solution pour économiser les ressources naturelles et donc limiter leur impact sur l’environnement.

Transformer les contraintes en opportunités suppose avant tout de s’adapter aux spécificités de son environnement

Une étude réalisée par Accenture en 2010 montre que les habitants des pays émergents, comme la Chine ou l’Inde, sont plus sensibles à la protection de l’environnement que leurs équivalents occidentaux. Les consommateurs des pays en développement sont ainsi 84 % à être prêts à payer plus cher un produit eco-friendly, contre à peine 50 % des consomma- teurs des marchés développés. Comment l’expliquer ? Pour Sumner Lemon, analyste chez Infoworld, cette différence plonge ses racines dans l’exposition des pays émergents aux déchets en provenance des pays avancés qu’ils retraitent depuis plusieurs années. Le fait que de nombreuses entreprises des pays en développement choisissent l’innovation frugale pour limiter leur empreinte écologique n’a donc rien d’une coïncidence.

Quels sont les fondamentaux d’une stratégie d’innovation frugale qui réconcilie croissance et respect de l’environnement ?

1. Préférer les ressources renouvelables. Dans des milieux contraints en ressource, limiter le gaspillage de l’eau, de l’énergie ou des matières premières est une question de survie. Résultat : de nombreuses entreprises passent maîtres dans l’art d’utiliser des ressources frugales tels que le bambou ou le palmier, disponibles abondamment et à moindre coût.

2. Optimiser le processus de fabrication. Même les entreprises habituées à travailler dans l’abondance commencent à se soucier de leur impact sur l’environnement. Témoin, PepsiCo Inde qui a lancé en 2009 son programme « positive water balance » qui consiste à limiter sa consommation d’eau pendant le processus de production de ses boissons et de redistribuer l’eau économisée aux populations à proximité des usines.

3. En finir avec l’économie du tout jetable. Terminé le gaspillage, de nombreux pays émergents, entreprises ou ONG proposent des produits simples mais résistants et, surtout, qui privilégient le recyclage ou la réparation au tout jetable. Exemple : la Solar Bottle Bulb, une lampe à fabriquer soi-même qui fournit, grâce à l’énergie solaire, un système d’éclairage satisfaisant pour tous les foyers privés de raccordement électrique.

À lire, notre focus
Innovation frugale dans les pays émergents – Pour une croissance durable

Business Digest nº 226, mai 2012
D’après « Emerging markets willing to pay more for “green” products » de Sumner Lemon (InfoWorld, janvier 2010) ; « GHANA: Bamboo bikes in high demand » de Kofi Adu Domfeh (Africa News, mars 2011) ; « Striving for Positive Water Impact » PepsiCo & The Nature Conservancy, 2011 ; « Doing green business with emerging markets », 11th European Forum on Eco-Innovation (European Commission Environment, octobre 2011).