Innovation : quand la Chine rivalise avec la Silicon Valley Premium

Pour lire ce dossier dans son intégralité, devenez Abonné Privilégié ou connectez-vous

Grave erreur de réduire l’activité industrielle de la Chine à la production à bas coût, et ses efforts de recherche et développement à l’imitation de technologies importées d’Occident. Ceux qui connaissent le pays le savent, cette vision est aujourd'hui totalement dépassée : l'innovation chinoise rivalise déjà avec les cerveaux les plus créatifs de la planète ! La Chine réunit les trois conditions sacrées de l’innovation : capital humain, capital financer et capital intellectuel

Éducation : la Chine investit dans son avenir
La Chine a su développer son système éducatif à une cadence impressionnante. En 1978, les universités chinoises comptaient 30 000 étudiants environ ; ils sont à l’heure actuelle près de 600 000. Et une fois diplômés et avides d’opportunités professionnelles, leur regard se tourne désormais plus vers la Chine que vers l’Occident, qu’ils aient obtenu leur diplôme dans leur pays ou à l’étranger.

 

Atelier du monde ET empire de l’innovation
La Chine est devenue l’« atelier du monde » sans assignation à des secteurs particuliers, et la main-d’œuvre chinoise a par conséquent développé un champ de savoirs et de compétences diverses. Ainsi, c’est son envergure qui distingue l’innovation déployée en Chine du modèle typique de la Silicon Valley, vivier d’innovation électronique high-tech. La culture chinoise de l’innovation s’enracine au contraire dans un savoir-faire industriel, technologique et entrepreneurial polyvalent, dont la puissance motrice ne fait plus aucun doute : sur les sept nouveaux entrants au classement 2010 des « Entreprises les plus innovantes » du Boston Consulting Group, trois sont des sociétés basées en Chine.

Un nouveau pôle d’investissement
Les années 2004 et 2005 ont marqué une explosion du secteur du capital-risque en Chine. Aujourd’hui, « nous assistons à une professionnalisation de l’investissement sur le marché chinois. Les experts identifient les firmes les mieux positionnées et beaucoup de sociétés moins performantes doivent fermer boutique. La situation se stabilise et se consolide ». Cette maturité permet au capital-risque de repousser les frontières économiques des mégapoles côtières Pékin et Shanghai : « Pékin et ses environs sont toujours le centre de gravité naturel des Technologies, Media & Télécommunications, mais depuis trois à cinq ans, les start-ups les plus dynamiques commencent à établir des centres de R&D à l’intérieur des terres, où les ingénieurs coûtent moins chers tout en étant aussi performants. »

À lire, notre focus
Innovation : quand la Chine rivalise avec la Silicon Valley

Business Digest nº 219, septembre 2011.
D’après Chinnovation de Yinglan Tan, (Wiley, avril 2011) et une interview de Mark Kuo, investisseur en capital-risque, Gobi Partners, août 2011.